📋 Dans cet article :
Lundi matin, un courriel arrive. Une pièce en plastique cassée sur un amortisseur de porte de dressing. Le fabricant a arrêté la production de l’amortisseur. La pièce jumelle, elle, dort intacte dans un tiroir. Et la question, qui revient des dizaines de fois par mois à l’atelier : qu’est-ce qu’on fait avec ça ?
Pas de baguette magique, juste 14 ans à trouver la bonne pâte. Depuis 2013, dans notre atelier de Sarrigné près d’Angers, on remet en service des objets que personne ne veut plus réparer. Une charnière introuvable, un engrenage de jouet, un clip de meuble suédois disparu du catalogue — on refait à l’unité, à partir d’une pièce existante, d’un fragment ou même d’une photo bien cadrée. La loi anti-gaspillage de 2020 a changé certaines choses en France. Mais pas tout. Et c’est exactement là que notre travail commence.
Pourquoi la pièce que vous cherchez n’existe plus
La mécanique est simple, et personne ne vous l’explique en magasin. La loi anti-gaspillage et économie circulaire — la fameuse loi AGEC de février 2020 — oblige les fabricants à fournir des pièces détachées pour certaines catégories de produits seulement.
Concrètement, les fabricants doivent assurer la disponibilité des pièces pour les équipements informatiques, les écrans, le matériel médical, certains outils de bricolage et de jardinage motorisés, et certains articles de sport et de loisirs. La durée minimum varie selon le produit, mais elle dépasse cinq ans après la dernière mise sur le marché du modèle. Selon l’ADEME, la loi AGEC a donné un nouveau souffle aux métiers de la réparation en 2025-2026 — c’est mesurable, et ça change le rapport au sur-mesure.
Mais voilà le trou. Les meubles, l’ameublement, beaucoup d’électroménager grand public, la maroquinerie, la décoration, les jouets — tout ça n’est pas couvert par l’obligation. Le fabricant peut arrêter une pièce du jour au lendemain. Sans préavis. Sans solution de remplacement. C’est légal, et c’est fréquent.
D’où votre amortisseur qui a disparu du catalogue. D’où la pièce de votre vieille machine à coudre qui n’existe nulle part. D’où la charnière en plastique de votre dressing qui a tenu 11 ans et qui vient de céder.
On le voit chaque semaine à l’atelier. Et chaque semaine, on a une réponse. Pas magique. Concrète.
💡 À retenir
La loi AGEC couvre l’électronique, les outils motorisés et le médical — pas les meubles, ni l’électroménager grand public, ni les jouets. Si votre pièce n’est plus au catalogue, c’est légal. Et c’est exactement le terrain où l’impression 3D à l’unité devient utile.
Du fragment cassé au modèle 3D : comment ça marche dans notre atelier
Trois entrées possibles. Vous arrivez chez nous avec une pièce, un fragment ou rien — on s’adapte.
Étape 1 — Vous avez la pièce jumelle intacte
Le cas le plus simple. L’autre amortisseur, l’autre charnière, l’autre clip. On la scanne en trois dimensions dans l’atelier. Le scanner relève chaque cote, chaque angle, chaque détail de surface. On en sort un fichier numérique fidèle au millimètre. Compte deux à trois jours pour cette étape.
Étape 2 — Vous n’avez que les morceaux cassés
On les assemble mentalement, on reconstruit la pièce en CAO — conception assistée par ordinateur. Notre dessinateur reproduit la géométrie sur l’écran, en se basant sur les marques de cassure, les vis, les points d’accroche. Compte trois à cinq jours.
Étape 3 — Vous n’avez ni la jumelle ni les morceaux
Juste une photo, un croquis, ou la mémoire de la pièce. C’est plus long. On vous demande des mesures précises, on dessine, on vous renvoie des aperçus pour valider. Compte une semaine, parfois plus.
Le choix du matériau
Ensuite, le matériau. On choisit en fonction de l’usage de la pièce.
- PETG — souple, alimentaire compatible, bonne résistance aux chocs légers
- ABS — solide, idéal pour des pièces mécaniques qui prennent un peu de force
- PA12 chargé carbone — pour les pièces techniques qui doivent résister à des contraintes mécaniques sérieuses
- Résine haute température — pour tout ce qui se trouve près d’une source de chaleur
Une fois le matériau choisi, l’imprimante part. Une machine, un geste, une pièce. Suivi en atelier, contrôle dimensionnel, finition à la main si nécessaire. Vous récupérez la pièce, vous la testez chez vous, on ajuste si besoin.
🎯 Le conseil d’atelier
Si vous avez la pièce jumelle intacte, n’attendez pas que la deuxième casse. Apportez-la (ou envoyez-la par la poste) tant qu’elle est en bon état — le scan sera plus précis et on garde le fichier numérique. La prochaine fois, on relance l’impression en 24 à 48 heures, sans refaire le travail de modélisation.
Combien ça coûte, combien ça prend de temps
La franchise d’abord. Pour une pièce simple à reproduire à partir d’une jumelle intacte, comptez entre 50 et 200 € selon la complexité et le matériau choisi. Pour une pièce plus technique, avec scan tridimensionnel ou reconstruction en CAO, on monte entre 200 et 500 €.
Côté délai, on travaille en jours, pas en semaines de fonderie. Cinq à quinze jours ouvrés, du moment où vous nous envoyez la pièce ou la photo jusqu’à la livraison. Simple, rapide, efficace.
On ne promet pas plus vite que ce qu’on peut tenir. Si la pièce demande un nouveau matériau qu’on doit commander, on vous le dit dès le devis. Si la géométrie demande deux essais d’impression pour caler les tolérances, on le dit aussi. Une fois que c’est planifié, y a pas de souci.
Le prix n’inclut pas la livraison France métropolitaine — on l’ajoute selon le format du colis. Pour les pros qui viennent récupérer sur place à Sarrigné, c’est juste du temps gagné.
Réponse sous 24 à 48 h avec fourchette de prix et délai.
Ce qu’on refait régulièrement à l’atelier
Sans inventer de clients ni de chiffres précis, voici la liste des familles d’objets qu’on traite chaque mois.
Meuble et ameublement
Clips de fixation, charnières plastique, embouts de pied, butées de tiroir, amortisseurs de porte de dressing comme celui qui a déclenché cet article.
Électroménager
Poignées de porte de frigo ou de four, boutons de commande, embouts d’aspirateur, supports de filtre, pièces de robot ménager dont la marque n’est plus distribuée.
Jouets et loisirs
Engrenages cassés de jouets en bois ou plastique, pièces de circuits de train, accessoires de figurines de collection, supports de maquette.
Véhicules anciens
Pièces de tableau de bord de voitures de collection, embouts de levier, supports plastique pour mécaniques pré-1990. On travaille régulièrement avec des restaurateurs de meubles anciens et des garagistes spécialisés vintage qui nous confient les pièces que personne d’autre ne sait refaire.
Une machine, un geste, une pièce. Le panel est large. Le principe est le même.
La loi AGEC pousse à réparer. Et après ?
En France, le mouvement est lancé. Depuis 2020, le pays a basculé vers une logique d’économie circulaire. Le bonus réparation, l’indice de réparabilité, l’obligation d’information sur la disponibilité des pièces — tout pousse dans le sens de prolonger la vie des produits. La DGCCRF rappelle d’ailleurs que les fabricants doivent informer le consommateur sur la durée de disponibilité des pièces détachées au moment de l’achat.
C’est bon, c’est juste, c’est nécessaire.
Mais la loi ne couvre pas tout. Une commode achetée en 2018 dont une charnière vient de lâcher en 2026 ? Le fabricant n’a aucune obligation. Une lampe design dont l’embout plastique est cassé ? Pareil. Un robot ménager italien dont le bouton de la cuve est introuvable ? Idem.
C’est exactement le territoire où un atelier complet d’impression 3D devient utile au quotidien. Vous avez la même machine que beaucoup d’autres ateliers — sauf qu’il y a toujours une pâte derrière qui fait la différence. Une habitude de comprendre une pièce en la regardant. Quatorze ans de pièces refabriquées. Un seul interlocuteur du devis à la livraison.
Une pièce cassée, une question ? On en parle.
Si vous lisez cet article avec une pièce plastique en miettes dans un tiroir, vous savez maintenant que ce n’est pas forcément la fin. Envoyez-nous une photo claire, de préférence la pièce jumelle intacte si vous l’avez, et un mot rapide sur l’usage qu’elle remplit. On vous répond en 24 à 48 heures avec une fourchette de prix et de délai.
Pour les particuliers, Créa-TH est notre vitrine dédiée aux objets uniques et sur-mesure. Pour les professionnels — restaurateurs, garagistes, designers — on travaille en direct, avec des conditions adaptées aux séries répétées.
TH Industries — Atelier de Sarrigné
🌐 thindustries.fr · crea-th.fr
📍 7 rue de la Paillette, 49800 Sarrigné — près d’Angers, Pays de la Loire
Foire aux questions
Peut-on imprimer en 3D n’importe quelle pièce détachée à partir d’un modèle cassé ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Tant qu’on peut comprendre la géométrie de la pièce — par scan d’une jumelle intacte, par reconstruction CAO à partir des fragments cassés ou par dessin à partir d’une photo cotée — on peut produire une pièce de remplacement fidèle. Les exceptions sont rares : pièces composites multi-matériaux complexes, électronique intégrée, brevets actifs. On vous le dit au premier coup d’œil.
Combien coûte la fabrication d’une pièce en plastique en impression 3D ?
Comptez entre 50 et 200 € pour une pièce simple reproduite à partir d’une jumelle intacte. Entre 200 et 500 € pour une pièce technique nécessitant un scan tridimensionnel ou une reconstruction CAO complète. Le prix inclut la modélisation, l’impression et la finition. La livraison France métropolitaine est en supplément selon le format du colis.
Quel plastique choisir pour une pièce détachée en impression 3D ?
Tout dépend de l’usage. Pour une pièce mécanique qui prend des chocs, on conseille l’ABS. Pour une charnière souple ou une pièce alimentaire, le PETG. Pour une pièce technique sous contrainte importante, le PA12 chargé carbone. Pour une zone exposée à la chaleur, une résine haute température. Chez TH Industries, on couvre plus de 40 matériaux, du PLA standard au PEEK certifié aéronautique — on choisit avec vous.
Que faire quand le fabricant ne propose plus la pièce détachée ?
Trois réflexes utiles. D’abord, vérifier que la pièce n’est pas couverte par l’obligation légale AGEC — pour l’informatique, les écrans et certains équipements motorisés, le fabricant doit fournir une pièce pendant plusieurs années. Ensuite, chercher sur les forums et plateformes spécialisées les modèles 3D libres déjà mis en ligne par d’autres utilisateurs. Enfin, si la pièce reste introuvable, faire appel à un atelier d’impression 3D capable de scanner, modéliser et imprimer à l’unité — c’est exactement ce qu’on fait à Sarrigné depuis 14 ans.
📚 Sources citées
- ADEME — Avec la loi AGEC, les métiers de la réparation trouvent un nouveau souffle (janvier 2026)
- DGCCRF / economie.gouv.fr — Les pièces détachées : l’information sur leur disponibilité (consulté mai 2026)
À propos de l’atelier
Cet article a été rédigé par l’équipe TH Industries, atelier d’impression 3D fondé par Dominique Droniou en 2013, à Sarrigné près d’Angers. Quatorze ans à imprimer aussi bien des bustes mémoriels en céramique que des pièces certifiées aéronautique en PEEK. Quatre piliers, un seul atelier, une équipe à taille humaine.
Pour les particuliers, Créa-TH est notre vitrine B2C. Pour les industriels, TH Industries couvre l’art, la production série, l’unitaire et les matériaux complexes.
📞 (+33) 06 95 87 61 58 · 📧 contact@thindustries.fr · 🌐 thindustries.fr · 📍 Sarrigné (49)















